affaire de zouave
Appauvrissement. Que revivent les amateurs ! Le Zouave Inconnu
NO 45 — Amérindie
Michel F. Côté

[Extrait]

Au Début
Il n’y avait aucune différenciation. Danse, fumi-gation, peinture, chant, médecine, sculpture, transe, poésie, incantation et musique, toutes ces formes d’expressions identitaires et (ou) salutaires participaient des mêmes impulsions : offrir au groupe un contexte symbolique unitaire; développer une perception salvatrice des actes collectifs; procurer à l’autre, comme à soi, un réconfort momentané, une main tendue vers l’immortalité. Appelons cette première et remarquable interdisciplinarité, chamanisme.

Il y a donc eu un temps où les pratiques artistique et médicinale, la célébration du culte et celle du plaisir, étaient des actes indissociables, indifférenciés. Un âge d’or préhistorique dans lequel notre espèce, d’instinct, savait collectivement se prendre en main. Une époque où le spécialiste unidimensionnel ne sévissait pas encore, au grand bonheur de ces chasseurs/cueilleurs qui auraient été bien découragés de voir la plupart des musiciens d’aujourd’hui incapables de se tailler un bâton de marche sans mettre en péril tout organisme vivant dans un proche périmètre.

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