Appel de textes - soumissions (Consultez le PDF au bas de la page)

Les textes proposés (de 1 000 à 2 000 mots maximum, notes incluses, format Word ou RTF) peuvent être envoyés à redaction@esse.ca avant le 1er septembre 2012. L’auteur est prié d’inclure une courte notice biographique (50-100 mots), un résumé du texte (100 mots), ainsi que son adresse postale et son courriel. Les propositions non liées aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues (dates de tombée : 1er septembre, 10 janvier et 1er avril de chaque année).

ESSE 77 : DOSSIER INDIGNATION

Ce numéro se veut d’abord l’écho des bouleversements sociaux et politiques qui ont pris forme depuis 2011 et que rien, d’ailleurs, ne semble vouloir essouffler. Le « Printemps arabe » en est un déclencheur avec tous ces pays, à commencer par la Tunisie, dont les peuples se sont insurgés, dans la rue contre des gouvernements tyranniques et autoritaires qu’ils ont parfois réussi à déloger du pouvoir. Ce printemps-là de 2011, sur fond de crise économique, allait voir naître aussi le mouvement des indignés qui, de ville en ville, en Espagne, aux États-Unis et au Québec entre autres, ont occupé les espaces publics pour décrier pacifiquement les inégalités sociales impunément créées par les marchés financiers avec la complicité des gouvernements. Porté par le slogan « Nous sommes le 99 % », ce mouvement qui a proliféré jusqu’à l’automne appelait à la résistance.

Cet hiver, au Québec, cette colère est réapparue par le truchement du mouvement étudiant mobilisé en grève contre la hausse des frais de scolarité imposée par le gouvernement. Puisque cette lutte étudiante dénonce la marchandisation du savoir et la transformation des universités en entreprises, plusieurs y ont vu un mouvement social plus grand, l’aube d’un printemps québécois (joliment baptisé sur les pancartes « printemps érable »). D’autres groupes sociaux aussi gagnés par l’indignation dénoncent l’exploitation des gaz de schiste et le Plan Nord dans son ensemble. Tout ce monde en fait, qui milite pour un éveil populaire, se préoccupe de ce qu’il advient du bien commun et de la démocratie.

Dans ce contexte, qu’en est-il des artistes et de l’art ? Le Printemps arabe a-t-il contribué a considérer davantage les arts du monde arabe par l’Occident (par exemple leur plus grande représentativité à la Biennale de Venise en 2011) ? Les artistes des pays arabes en révolte, de même que ceux provenant de d’autres régimes répressifs tels la Chine ou la Russie, traitent-ils des luttes pour la démocratie dans leurs œuvres, témoignent-ils des affrontements vécus et de leurs réalités culturelles ? Connaissent-ils un changement quant à leur droit d’expression? Quelle est l’efficacité de l’art dans de tels contextes ? Du côté de nos sociales-démocraties où la permissivité est grande, comment se joue le désir de transgresser et quels sont les nouveaux motifs de résistance de l’artiste ?

Plus généralement, comment les pratiques artistiques s’arriment-elles à ces mouvements sociaux ? Sont-elles précurseurs des modalités de résistance engagées par la population ? À l’inverse, l’art apparaît-il inadéquat quand il s’agit de lutte populaire et de militantisme ? Où sont les artistes quand le peuple et dans la rue ? Plusieurs pratiques artistiques, avant même le mouvement des indignés, ont fait valoir le rapprochement entre l’art et le réel, pour mieux effacer les frontières entre l’art et la vie, l’artiste et le spectateur. Cette posture est-elle à l’œuvre dans un moment de crise ?

Puisque l’indignation populaire prend forme par des manifestations et des occupations dans la rue, nous assistons à un investissement fécond des manières d’afficher les idées et de prendre possession de l’espace urbain. Comment doit-on considérer toute cette production de bannières, de pancartes, de slogans, de procession dans la rue et de jeux vestimentaires ? L’indignation et les moyens pour l’exprimer conduisent-elles davantage à une culture du partage, de l’utilisation libre de droits, comme l’encourage les médias sociaux?

La revue esse est à la recherche de textes qui portent sur ces enjeux, ou toutes autres pistes de réflexion qui ont à voir avec les façons dont l’art est concerné par le sentiment d’injustice, la révolte et le refus de plier.

Concours Jeunes critiques

Le concours Jeunes critiques de la revue esse est un concours de rédaction ouvert aux jeunes auteurs inscrits dans un programme de premier ou de deuxième cycle universitaire. Les textes, de 750 à 1250 mots, peuvent prendre la forme d’un essai ou d’un compte-rendu critique (exposition, événement, ­performance, théâtre, danse, musique, art visuel ou intervention in situ) ­correspondant au mandat de la revue. Le ou la gagnant(e) du concours verra son texte publié dans la revue esse no 76 (septembre 2012). L’auteur(e) recevra un soutien du comité éditorial pour la rédaction finale de son texte, un cachet de 250 $ ainsi qu’un abonnement de deux ans à la revue esse.

Les textes doivent être envoyés par courriel à l’adresse suivante : redaction@esse.ca avec la mention « concours jeunes critiques ». Vous avez jusqu’au 10 mai 2012 pour envoyer vos textes. *Ce concours s'adresse uniquement aux étudiants résidant au Canada.