[in French]
Les panelistes de la rencontre du 24 février : (de gauche à droite) Pierre MacDuff (Président du Conseil québécois du théâtre), Bruno Roy (Président de l'Union des écrivains et écrivaines du Québec), Chantal Gilbert (Présidente du Conseil des métiers d'art), Pierre Curzi (Président de l'Union des artistes) et Thérèse Domingue (Directrice générale des Conseils régionaux de la culture du Québec).
Depuis au moins trois ans, l’Union des artistes cherche à mieux connaître la condition socio-économique des artistes professionnels du milieu de la culture.
Nous croyons qu’il y a iniquité sociale entre les artistes, les artisans et l’ensemble des travailleurs salariés.
Nous avons la conviction que nous ne recevons pas notre juste part des sommes investies par les pouvoirs publics et que nous ne recevons pas notre juste part des profits générés par les activités artistiques.
Nous avons aussi la certitude que les artistes professionnels des milieux culturels doivent impérativement bénéficier d’un revenu minimum garanti, d’une assurance santé complète, d’une sécurité de travail et de ressources suffisantes pour se permettre une formation continue et une carrière viable.
De concert avec certaines associations professionnelles et avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec, l’Union des artistes pilote une étude sur ces conditions socio-économiques, sous l’égide et avec la complicité de l’Observatoire de la culture et des communications, avec la collaboration du ministère du Revenu, en respectant les normes de la Commission d’accès à l’information.
C’est long, c’est lent mais c’est nécessaire.
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Le Mouvement pour les arts et les lettres (M.A.L.), de son côté, a concentré ses énergies à obtenir une augmentation du budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Même Si l’Union des artistes (U.D.A.) n’est pas membre du M.A.L., nous avons dès le départ appuyé cette revendication légitime. En unissant nos efforts, nous avons obtenu une augmentation récurrente importante du budget du CALQ. Il faut, de toute évidence, continuer encore à réclamer des augmentations budgétaires.
Y a-t-il un chiffre à partir duquel tous les problèmes de pauvreté du milieu culturel seront résorbés? Espérons-le mais, en attendant, le milieu est confronté à trois questions taboues qui risquent de nous désunir si nous refusons de les affronter :
Est-ce que le conseil d’administration du CALQ répartit équitablement les budgets qu’il gère?
Le milieu culturel ne devrait-il pas revoir et questionner ses modes de fonctionnement?
Les professionnels sont-ils les seuls propriétaires de la culture?
En simplifiant, on constate qu’il y a d’une part les créateurs de la culture; d’autre part, les citoyens à qui elle s’adresse. Entre les deux : une structure de production et de diffusion, mi-publique, mi-privée, qui assure l’accès de l’une à l’autre.
Ces éléments devraient être en équilibre, mais ils ne le sont pas. Il est, sans nul doute, temps de revoir les politiques culturelles du Québec.
La rencontre du 24 février dernier, organisée par le M.A.L., qui aurait dû être un débat des trois chefs de parti, s’est avérée une rencontre avec le Premier ministre, Bernard Landry.
Nous avons entendu sa volonté d’augmenter, au fil des ans, le budget du CALQ. Nous avons aussi compris que les sommes prévues en formation continue seront bel et bien dévolues au milieu; que la Régie des rentes du Québec accompagnera la Commission de la santé et de la sécurité du travail en vue de satisfaire les besoins réels des artistes professionnels de la culture; et, finalement, que le plan d’action gouvernemental de la lutte contre la pauvreté serait enrichi d’un volet spécifiquement culturel.
Ces engagements ne sont pas négligeables, mais ils ne sont pas suffisants. Nous ne parlons pas de vœux ou de souhaits mais bien d’exigences fondamentales qui imposent des réponses concrètes et immédiates.
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Trois autres sujets méritent notre attention :
Le lien entre la culture et l’éducation doit s’institutionnaliser sans tomber dans le fonctionnarisme et le syndicalisme outrancier.
La préservation d’une diversité culturelle interne nécessite un combat énergique contre la concentration et la synergie de groupes d’actionnaires assoiffés de profit.
La propriété intellectuelle doit être respectée dans toutes ses déclinaisons.
Le dessin est clair et nous avons le désir et les moyens de le réaliser. À nous tous de le faire.
• www.mal.qc.ca
• www.uniondesartistes.com
• www.rcaaq.org
• www.unesco.org/culture
• www.partiquebecois.org
• www.adq.qc.ca
• www.plq.org



















