articles
Mutiner – De butiner à mutiner
NO 45 — Amérindie
Sylvie Cotton

[Extrait]

mutiner Vous avez bien lu. Depuis le dernier numéro, j’ai nuancé l’intitulé de la chronique. Je change de consonne, je vais et je viens entre butiner et mutiner. Vu le concept, la chronique s’intitulera peut-être lutiner en 2003. OLÉ! Le changement origine du remuement causé par les événements du 11 septembre 2001. Je ne sais pas si vous avez adopté pareil réflexe mais désormais, rien ne passe plus sous mes yeux ni ne traverse mes intentions qui ne soit ausculté par le baromètre des terrorismes que j’estimerais potentiels. Parfois de tels actes seraient et seront inévitables. (Attention! la loi anti-terroriste [Loi C-36] récemment votée par le Parlement canadien, pourrait ici être utilisée contre moi pour avoir écrit la phrase précédente. À suivre.) Non pas que je cesserai de vous entretenir d’art, de bouffe, de perf, de sexe et de psychanalyse. Non. Jamais je ne cesserai de butiner d’un sujet à l’autre. Mais dorénavant, je viserai également l’art de la mutinerie non violente. Car, qu’on le veuille ou pas, on est toutes et tous les petits soldats, volontaires ou résistants, d’une armée capitaliste, déconnectée de la saveur de la vie. Je profiterai donc de cette nouvelle approche, qui colle parfaitement à la nature critique du billet trimestriel que j’ai beaucoup de plaisir à vous concocter, pour polémiquer plus directement sur nos habitudes de blancs de blancs pas très nets. Attache ta tuque. OLÉ! mon fusil d’épaule.

[…]